Les Afri (ou Aourigha), peuple berbère voisin de Carthage. Le mot berbère ifri évoquerait des habitants de grottes.
Les Romains auraient étendu le nom de ces voisins immédiats de Carthage à toute la région.
Pour les Romains, Africa désignait d'abord la province créée en 146 av. J.-C. sur le territoire de Carthage — le nord-est de l'actuelle Tunisie. Le nom s'est ensuite étendu, en deux mille ans, à tout le continent.

Quatre hypothèses ont été proposées. Aucune n'est prouvée ; la première est la plus souvent retenue.
Les Afri (ou Aourigha), peuple berbère voisin de Carthage. Le mot berbère ifri évoquerait des habitants de grottes.
Les Romains auraient étendu le nom de ces voisins immédiats de Carthage à toute la région.
Dans la langue de Carthage, ʿafar signifie « poussière » ou « terre » : Africa serait simplement « le pays ».
Une étymologie qui ferait écho aux paysages semi-arides de l'intérieur tunisien.
Le latin aprica, « exposée au soleil », proposé notamment par Isidore de Séville pour expliquer le climat chaud de la région.
Séduisante, mais considérée aujourd'hui comme une étymologie populaire.
Du grec a-phrikē, « sans frisson » : une terre chaude, par opposition au climat de la Grèce.
Rapportée par Léon l'Africain au XVIe siècle ; minoritaire chez les spécialistes.
D'un peuple local à un continent de 54 pays.

« Ifriqiya » (إفريقية) est la transcription directe du latin Africa. Utilisé pendant tout le Moyen Âge pour la Tunisie, avec l'est de l'actuelle Algérie et la Tripolitaine, il prouve que le nom n'a jamais quitté la région. Entre-temps, Carthage elle-même, refondée par Rome, était redevenue la capitale de l'Africa romaine.
Les peuples qui ont précédé, accueilli et côtoyé les Phéniciens.
Culture préhistorique nommée d'après Gafsa (Capsa), en Tunisie. Ancêtres probables des Berbères, ils ont laissé de nombreux sites archéologiques.
Peuple autochtone du Maghreb depuis des millénaires, ancêtres des Amazighs actuels. Leur présence est attestée par un riche art rupestre.

Cavaliers d'élite de l'actuelle Algérie et de l'ouest tunisien. Massinissa pèse sur la fin de la deuxième guerre punique ; la cavalerie numide sert Carthage, puis Rome.
Au Fezzan (Libye), une civilisation prospère en plein Sahara grâce à des galeries d'irrigation souterraines (foggaras), au cœur du commerce transsaharien.
Traditions phéniciennes et cultures libyco-berbères se mêlent ; les mariages mixtes sont courants. La culture punique qui en naît est proprement africaine.
Baal Hammon et Tanit, venus de Phénicie, prennent à Carthage une place et des formes nouvelles ; l'influence de cultes libyques est discutée.
La religion →Issu du phénicien, le punique reste parlé en Afrique du Nord jusqu'au Ve siècle ap. J.-C., comme en témoigne saint Augustin.
Appien décrit, près de Byrsa, des maisons de six étages ; l'urbanisme punique s'adapte au site et au climat africains.
Libyens, Numides, Maures combattent aux côtés des Ibères, Baléares et Gaulois : l'armée reflète l'ancrage africain de Carthage.
L'armée →Le savoir phénicien et la connaissance locale des sols donnent l'une des agricultures les plus productives de l'Antiquité.
L'agriculture →
Culture venue d'Orient, enracinée en Afrique, ouverte à la Grèce et à l'Égypte : Carthage est un carrefour.
La culture phénicienne se dégage du monde cananéen après les bouleversements des « Peuples de la mer », vers 1200 av. J.-C. Elle a absorbé très tôt des influences égyptiennes, puis grecques. Carthage hérite de ce mélange et le porte en Occident.
Selon Augustin, des paysans d'Afrique se disaient encore « Chanani », Cananéens, plus de cinq siècles après 146. Le témoignage est discuté : Josephine Quinn y voit une tournure rhétorique, et Gabriel Camps un parler libyque, punicus signifiant souvent alors « africain ».
Petits masques de verre placés dans les tombes pour écarter les démons, motif du lotus : l'Égypte est partout. À partir du IVe siècle av. J.-C., les influences grecques s'y superposent.
L'éphèbe de Motyé, marbre du Ve siècle découvert en 1979, résume le problème : Melqart hellénisé, prise de guerre grecque ou commande punique à un sculpteur de Sicile ? Pour Serge Lancel, Carthage fut avant tout une plaque tournante, très perméable aux apports extérieurs.
Le mausolée libyco-punique de Dougga (IIe siècle av. J.-C.) marie traditions égyptiennes et apports grecs sur une terre numide. À El Hofra, près de Cirta (Constantine), le plus important sanctuaire néo-punique fouillé mêle éléments libyques et puniques.
Dans les cités de l'Afrique romaine, les suffètes sont parfois trois au lieu de deux : certains spécialistes y voient un apport berbère.
Des suffètes administrent encore des villes d'Afrique romaine au IIe siècle ap. J.-C. L'opus africanum de Kerkouane se retrouve au Capitole de Dougga. Baal Hammon devient le Saturne africain, honoré jusqu'au IVe siècle, et Tanit la Caelestis des Romains (Marcel Le Glay).
Selon Pline (XVIII, 22), les livres des bibliothèques de Carthage furent remis aux rois numides. Pour Stéphane Gsell puis M. H. Fantar, la survie d'une langue sémitique a pu faciliter, bien plus tard, l'arabisation du Maghreb.
Depuis une dizaine d'années, l'ADN ancien interroge les origines des habitants du monde punique. Les résultats, fondés sur des échantillons encore limités, remettent en cause l'image d'une population venue en masse du Levant.
Ce que Carthage a légué au continent.
L'héritage le plus durable : le nom même de l'Afrique vient de la terre où s'élevait la cité punique.
Les Carthaginois comptent parmi les premiers explorateurs des côtes atlantiques de l'Afrique.

Carthage pose les bases de la ville en Afrique du Nord ; Kerkouane, au cap Bon, en est le meilleur témoin.
Les techniques carthaginoises ont transformé les campagnes d'Afrique du Nord.
Augustin d'Hippone (354–430), Berbère romanisé, rapporte que le punique se parlait encore dans les campagnes — plus de 500 ans après la chute de Carthage.
Vers 500 av. J.-C., 60 navires et 30 000 colons le long de la côte atlantique. Le récit décrit des « gorilles » — sans doute des chimpanzés ou des gorilles — et une montagne en feu.
Décidée par César, la refondation de Carthage est réalisée sous Auguste (29 av. J.-C.). La ville redevient l'une des plus grandes de l'Empire, capitale de l'Africa.
Le mot arabe إفريقية, qui désigna la Tunisie médiévale, transcrit directement le latin Africa.
Le site de Carthage, dans la banlieue nord de Tunis, est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.
Hannibal, né à Carthage, mena une armée largement africaine contre la plus grande puissance européenne de son temps.